Participants : Désialis, INRA

Introduction

La quasi-totalité des aliments destinés au lapin commercialisés en France renferme de la luzerne déshydratée (débouché annuel : 200 000 tonnes).

Avec un taux moyen d'incorporationde de 30%, la luzerne représente environ 113 de l'apport d'énergie et de protéines, ainsi que les 2/3 des constituants pariétaux de la ration. En dépit de l'importance majeure de cette matière première dans l'alimentation du lapin, des divergences considérables existent entre les teneurs en énergie digestible figurant dans les tables de valeur alimentaire même pour des luzernes de composition voisine. Ainsi, les valeurs proposées oscillent entre 1500 et 2900 kcal/kg MS (NRC, 1977; PROTECTOR, 1980; DE BLAS, 1984; CHEEKE, 1987; INRA, 1989; MAERTENS et al., 1990).

Cela s'explique en premier lieu par l'insuffisance des connaissances relatives aux facteurs intrinsèques de variation de la valeur nutritive de cette source alimentaire (caractéristiques analytiques, rang de coupe, stade végétatif, technologie de préparation ... ), depuis les premiers travaux de BETTINI & PROTO (1962) conduits sur ce thème. Ces divergences trouvent aussi probablement leur origine dans les difficultés méthodologiques liées aux mesures de digestibilité elles-mêmes : problèmes d'estimation de la valeur nutritive d'une matière première au sein de régimes complexes (VILLA!vliDE et al., 1991; PEREZ, 1995), accentués par l'hétérogénéité des techniques de collecte mises en oeuvre dans les différents laboratoires (PEREZ et al., 1994; PEREZ et al., 1995) justifiant les efforts consentis actuellement au niveau européen pour standardiser les procédures (EGRAN, 1995). Cette étude a pour objectif de préciser les variations de la valeur nutritive des luzernes déshydratées pour le lapin à partir d'un ensemble de lots d'origine contrôlée (rang de coupe, technologie de séchage) et différant largement par leurs caractéristiques analytiques. Les aspects méthodologiques, notamment l'influence du taux d'incorporation de la luzerne sur sa valeur alimentaire, sont traités dans une autre publication (PEREZ, 1995).

Conclusion

Les résultats obtenus dans cette étude à partir d'un ensemble de 12 lots d'origine contrôlée montrent que la valeur énergétique des luzernes déshydratées est en relation étroite avec leurs teneurs en cellulose brute. Nous proposons ainsi un moyen simple de prévision de la teneur en énergie digestible de la luzerne pour le lapin sur la base d'une correction de 47 kcal par point supplémentaire de cellulose Weende dans la matière sèche.

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